Les Epices dans la cuisine Egyptienne
Bazar
d'Egypte
Si vous suivez les rues tortueuses qui mènent de l'échelle
de la Yeni Camii à la mosquée du sultan Bayesid,
vous arrivez au bazar d'Egypte, ou bazar des drogues, grande
halle que traverse d'une porte à l'autre une ruelle
destinée à la circulation des marchandises et
des acheteurs.
Une odeur pénétrante composée des arômes
de tous ces produits exotiques vous monte aux narines et vous
enivre.
Là sont exposés par tas ou dans des sacs ouverts,
le henné, le santal, l'antimoine, les poudres colorantes,
les dattes, la cannelle, le benjoin, les pistaches, l'ambre
gris, le mastic, le gingembre, la noix de muscade, l'opium,
le hachisch sous la garde de marchands aux jambes croisées,
à l'attitude nonchalante et qui semblent comme engourdis
par la lourdeur de cette atmosphère saturée
de parfums.
Bien loin de ces évocations orientalistes de Théophile
Gautier, le marché Egyptien ou Mÿsÿr Carbÿsÿ
de la place Eminönü, située à l'extrémité
sud du pont de Galata, a bien peu gardé de ces saveurs
olfactives d'antan. Rentrez dans ce marché couvert
et vous ne sentirez plus ces odeurs d'épices qui avaient
tant fait rêver ces auteurs du XIXème siècle,
passionnés d'Orient.
Ce marché couvert, en pierre, qui à la forme
d'un "L" est composé de deux longues galeries
perpendiculaires munies de six portes: Il fut construit en
même temps que la Yeni Camii (Nouvelle-Mosquée)
par la jeune Valide Turhan Sultane: Le complexe (külliye)
construit sur un ancien quartier juif fut achevé en
1663 et inauguré en 1665: Les revenus tirés
de la location des boutiques permettaient selon un système
de vakÿf d'entretenir le complexe.
Le Mÿsÿr Carbÿsÿ devint un point de commerce
important sur la rive sud de la Corne d'or (Haliç)
grâce à la proximité, surtout, de l'échelle
d'Eminönü qui approvisionnait la ville ottomane.
Ce marché vendait des drogues et des plantes médicinales:
En 1884, l'interdiction de la vente des ces produits et des
préparations médicales contraint les marchands
à se tourner de plus en plus vers le commerce des épices.
Le Valide Carbÿsÿ ou Yeni Carbÿsÿ devint
rapidement le Mÿsÿr Carbÿsÿ car les épices
venus d'Orient transitaient par l'Egypte ottomane avant d'être
déposées à l'échelle.
L'incendie de 1940 marque une réelle fracture dans
l'histoire du marché. Après sa réouverture
en 1943 et sa complète restauration en 1957, le commerce
à l’intérieur des galeries est devenu
beaucoup moins homogène. Le guide Nagel sur la Turquie
de 1967 constate ce changement dans ces termes : "Au
XIXème siècle, il avait conservé son
aspect traditionnel avec des boutiques de marchands d'épices
et de drogues. Aujourd'hui, en dépit d'une remise en
état assez heureuse, il n'est plus qu'un ensemble disparate
de boutiques de toutes sortes et sans caractère."
La spécificité du commerce était jadis
respectée scrupuleusement, elle perd effectivement
de sa rigueur.
Sacs
d'Epices
A coté des produits de droguerie ou des épices
traditionnels (salep, sumac, henné, safran...) on trouve
désormais également de la vannerie, du tissus
et des vêtements, des bijoux et aussi des fruits secs
et de la pâtisserie et autres produits culinaires plus
ou moins typiques dans les boutiques de traiteurs (Barküteri).
Cependant, c'est l'apparition des bijoutiers en grand nombre
(de 8 en 1988 à 21 aujourd'hui) qui marque vraiment
la rupture du Mÿsÿr Carbÿsÿ avec son aspect
passé et un rapprochement avec le commerce du Kapalÿ
Carbÿ (le Grand Bazar).
Gastronomie
Largement inspirée de la cuisine orientale, la gastronomie
égyptienne laisse transparaître une grande variété
d'influences (française, iranienne, turque ...). Les
grandes spécialités sont le foul (fèves
cuites et assaisonnées à l'huile d'olive), la
dolma (légumes farcis au riz et à la viande)
ou la tamia (boulettes de fèves et de fines herbes
frites). Bien que proscrit par le Coran, le vin égyptien
est de grande qualité. Goûter le Karkadé,
boisson à base de jus de fleurs d'hibiscus.
Voici une recettes egyptiennes
: Boulettes de mouton à l'egyptienne
Faire hacher 500g à 1kg de mouton pas trop gras (gigot
de préférence).
Mettre la viande crue dans un saladier, ajouter deux œufs
entiers, une bonne pincée de sel et de poivre, une
cuillerée à café de cumin en poudre,
deux ou trois poignées de boulgour ( blé concassé
ou pilpil) que l’on aura préalablement fait gonflé
en le recouvrant d’eau bouillante ( on peut aussi mettre
de la graine de couscous) et une grosse poignée de
feuilles de menthe hachées très fin.
Malaxer le tout à la main (il y a une certaine volupté…à
faire glisser la farce entre ses doigts) pour bien mélanger.
Huiler un plat à four, huiler généreusement
vos mains et faites du bout de vos doigts et de votre paume
des boulettes de la taille d’une grosse noisette, que
vous disposer serrées dans le plat.
Faire chauffer le four à température maxi, baisser
la température à 8 (240°) et enfourner 10
à 15mn, le temps que les boulettes dorent, retourner
délicatement les boulettes pour qu’elles dorent
sur toutes leurs faces, remettre à cuire 5mn.. Baisser
la température du four à 5/6 (150 à 180°)
Retirer les boulettes du plat et verser _ litre de lait caillé
(elben) dans le plat à four en grattant doucement les
sucs de viande caramélisés au fond.
Remettre les boulettes dans la sauce et recuire à four
doux 10mn (il ne faut absolument pas que cela bout, le lait
se désolidariserait). Servir les boulettes tièdes
ou froides en ajoutant une petite poignée de feuilles
de menthe fraîche ciselée dans la sauce avant
de servir.
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